Lualaba : Des voix se lèvent et demandent que la lumière soit faite sur l’incident des creuseurs à B2

L’incident du samedi 30 janvier dernier sur le site de B2 dans les installations de la Gécamines groupe Ouest, qui aurait fait périr plusieurs artisanaux miniers à la suite du débordement de la rivière Musonoie, a suscité plusieurs interrogations dans le chef des observateurs indépendants.

« Pourquoi la Gécamines dotée d’une garde industrielle bien rodée a laissé les creuseurs clandestins opérer dans ses installations sans les en déloger ?», s’inquiète un activiste de la société civile locale.

Se confiant à lualabamaprovince.com, quelques artisanaux miniers ont indiqué qu’ils exploitent le cobalt sur ce site depuis l’année 2000.

« Les minerais exploités ici est souvent acheminés dans une parcelle à la Gécamines Kolwezi dans l’attente de chargement vers les usines appartenant aux chinois ou vers les dépôts situés à Musompo. Et nous sommes ici voici 21 ans.»

« Pour chaque sac de plus ou moins 70 kg sorti du site, il faut payer 1 500 Fc aux éléments de la garde industrielle (G.I) et à la police », ajoute la même source.

A la question de savoir le pourquoi de leur présence sur ce site, tous les creuseurs sont unanimes que “c’est par manque des zones d’exploitation artisanale (ZEA)”.

En effet, la fiabilité des ZEA, une autre problématique pour des milliers des creuseurs sensés constituer la classe moyenne dans la province.

Qu’est-ce qui fait défaut dans le Lualaba dit “province pilote” pour répondre efficacement à cette épineuse question ? L’interrogation demeure.
La province s’emploie à l’érection d’un centre moderne de négoce de Musompo pour réguler la vente du cuivre et le cobalt issus des sites artisanaux. Beaucoup s’accordent que cette manière de faire est “une façon de mettre le boeuf devant la charrue car les exploitants artisanaux miniers n’ont pas de sites appropriées pour leur exercer en dehors de quelques rares sites déjà pléthoriques”.

Pour le Président de la Coopérative des exploitants miniers artisanaux du Katanga (Coopemiak), une société coopérative locale, cet incident du 30 janvier a mis à nu un site dont il n’avait pas connaissance.

« Je reconnais qu’a un certain moment, des creuseurs illicites avaient accédé aux sites de G.H et T17 mais jamais B2», a indiqué Jean-Claude Tshiwewe.

Certaines personnes pensent que la Gécamines ainsi que les autorités provinciales sont les premiers responsables de cet incident qui aurait fait une quarantaine de victimes, selon les creuseurs.

Plusieurs résidents de la Gécamines Kolwezi reconnaissent l’existence d’un dépôt de minerais dans leur quartier malgré l’interdiction par le ministère provincial des mines d’installer des dépôts miniers dans les quartiers résidentiels. Certains d’entre eux estiment qu’il y a deux poids, deux mesures.

Pour l’instant, des familles entières sont en deuil et vivent dans la crainte de ne pas offrir des sépultures à leurs frères.

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