Lualaba : l’avis de deux députés, le projet d’édit de budget exercice 2021 n’est pas réaliste

Le projet de budget rectificatif 2020 a été soumis à l’appréciation de l’autorité budgetaire ce vendredi 04 décembre par le Gouverneur de province.

A l’issue de cette présentation, les honorables Gaston MUSHID MUTUND et Jean-Marie KASEYA TSHINGAMBO, tous élus de la ville de Kolwezi n’ont pas attendu pour mettre en cause ce projet d’édit jugé irréaliste car ne prenant pas en compte les réalités de terrain.

Gaston MUSHID a fustigé cet irréalisme en démontrant noir sur blanc comment
le budget initial de l’exercice 2019 qui était de 431 467 189 452,57 Fc a été revu à 342 681 681 951 Fc avant de connaître une exécution de 245 668 566 410,16 Fc ce qui donne un taux de réalisation de 74% au budget rectificatif et de 57% par rapport au budget initial.
A lui de rappeler qu’il avait émis de reseves du fait d’irréalisme de ce projet d’édit lors de sa présentation portant budget rectificatif exercice 2019.
« En effet, rappelle-t-il, le budget initial de 2019 de 431 467 189 452,57 Fc avait été revu à la baisse par un budget rectificatif d’un montant global de 332 681 681 951 soit un taux de régression de 23%. Dès lors, il était incompréhensible que l’Exécutif provincial passe du montant précité à celui de 1003 153 909 683 Fc pour le budget de l’exercice 2020 parce que l’accroissement était de 200%»
« Nous venons de souligner que la situation est encore plus grave si nous devons tenir compte des réalités du budget 2019 qui sont de l’ordre de 247 668 565 417 Fc ce qui signifierait que le budget serait quadriplé d’une année à l’autre», s’inquiète le député le mieux élu de Kolwezi.
« Face à ces inquiétudes et aux chiffres jugés faramineux soumis à l’organe délibérant, l’Exécutif ayant affirmé n’avoir aucun contrôle sur les causes exogènes dues à l’économie internationale, avait néanmoins donné des assurances à l’Assemblée provinciale suite à l’embellie du cours des métaux ; à l’augmentation de la production de Tenke Fungurume Mining (TFM) et de Kamoto Coper Company (KCC) ; la mise en production de nouvelles entreprises minières et des carrières notamment Lualaba Coper Smeleter (LCS) ; la Société Minière de Deziwa (SOMIDEZ) ; Carrière de Lualaba (CARRILU) ; la mise en service en avril 2020 du Centre de négoce de Musompo », a rappelé l’honorable Gaston MUSHID qui soutient mordicus que « Ce que nous craignons vient de nous rattrapper par le fait que le budget vient d’être revu à 324 098 586 359,60 soit 33% du budget initial.
« Il est étonnant que l’Exécutif provincial revienne chaque année avec des budgets rectificatifs revus à la baisse ne tienne pas compte des réalités et cherche à gonfler inutilement et à dessein les chiffres à chaque présentation du budget, se plaint-il avant d’ajouter que l’exercice que nous vivons avec celui de 2020 devrait nous inspirer et nous inciter à la prudence», a-t-il insisté.
Pour le député MUSHID, le climat politique au niveau du pays en général et dans la province en particulier ainsi que la pandémie à coronavirus ne sont pas de nature à encourager les partenaires extérieurs à investir au pays. D’où cet appel à plus de prudence de compter sur un apport extérieur de 628 469 248 321,53 Fc soit près de 50% du budget.


« Vues les contraintes évoquées dans l’exposé de motif, il n’est pas évident que les recettes internes passent de 320 619 730 230,73 Fc à 635 832 530 226,93 Fc soit une augmentation de près de 100% », a martelé Gaston MUSHID.
Pour ne pas connaître l’expérience malheureuse avec le budget 2020, cet élu a vivement conseillé au Gouverneur que les prévisions budgétaires de l’année 2021 tiennent compte des réalités et soient revues à la baisse car «nous ne voyons pas pourquoi et comment le budget peut passer de 324 098 586 359,60 Fc à 1264 301 779 148,46 Fc.
« Sachant que l’exercice écoulé Kinshasa n’a retrocédé les 40% qu’à hauteur de 13% et du non effectivité de la Caisse nationale de péréquation, allons-nous statuer sur des budgets qui tiennent compte des apports extérieurs qui ne viennent pas voici 3 exercices », s’interroge Gaston MUSHID.

Pour l’honorable Jean-Marie KASEYA sa préoccupation était de comprendre les causes réelles de la non réalisation de toutes les prévisions budgetaires proposées par le gouvernement MUYEJ au cours de son mandat y compris le budget sous examen. Ainsi, celui que la population appelle affectueusement « le gardien du temple » a proposé au chef du gouvernement provincial la nécessité de « soumettre à la représentation provinciale un budget plus ou moins réaliste en lieu et place de proposer chaque fois un projet d’edit budget surestimé qui va être par la suite rectifier suite aux réalités conjoncturelles afin d’éviter de donner l’image que la province n’a pas».

Répondant à ces questions, Richard MUYEJ a indiqué que son ambition et son optimisme étaient justifiés par les statistiques déposées par les entreprises.
« Il ne nous appartient pas de douter de la probité de ces entreprises, nous leur faisons confiance et nous tablons là-dessus », a-t-il indiqué.
Pour lui, le doute et la mefiance sont à proscrire. Les 40% de rétrocession et les 10% de la caisse nationale de péréquation doivent être reclamés.

Cette démarche des élus provinciaux est de voir le gouvernement provincial tenir compte des réalités sur le terrain et prévoir ainsi un budget réaliste de manière à ne pas revenir chaque fois avec de budget rectificatif toujours à la baisse.
Notons que Richard MUYEJ revient à l’hémicycle provincial ce mardi
pour répondre aux questions des députés avant de déclarer recevable ou pas le projet d’édit budgétaire

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