Consultations/Lualaba : « FélixTSHISEKEDI : un « cheval de Troie » logé dans le fort de la République », estime Yav KATSHUNG, Professeur de Droit.

« Il est constant que dans l’histoire politique de la RDC, notre pays, chaque époque draine son cortège de contestations, de revendications, d’interrogations auxquelles il appartient au président de la République d’apporter des réponses adaptées. , Mais pour y bien répondre et se constituer effectivement le garant d’une cohésion toujours en mouvement, le président de la République doit garder présent à l’esprit qu’il est lui-même le produit d’une société, avant de songer même à interagir sur elle », a indiqué le Professeur Joseph YAV KATSHUNG dans son décryptage du discours du Chef de l’Etat Félix-Antoine TSHISEKEDI intitulé 

« L’union sacrée, bouée de sauvetage pour la Nation ou stratagème d’instrumentalisation politique ? ».

Pour le Directeur de cabinet du gouverneur du Lualaba, « Le président de la République a cherché à reconquérir du terrain, d’abord parce qu’il entend justifier par là son maintien au pouvoir et son imperium (…) L’Union Sacrée de la Nation était devenu un stratagème du pouvoir durant la période de Coalition pour s’en affranchir après avoir cherché à légitimer des interventions qui pourraient apparaître intempestives auprès du Gouvernement de coalition », peut-on lire dans cette analyse dont une copie est parvenue à lualabamaprovince.com

« Bref, en se référant à la notion de l’Union Sacrée de la Nation comme bouée de sauvetage qu’il utilise à la manière d’un va-tout : il sait qu’il n’a plus grand Chose à perdre et qu’à ce jeu-là, il ne peut que gagner, insiste ce Professeur des universités. Il (le Chef de l’Etat) cherche en définitive. 

à incarner un contre-pouvoir à l’action du Gouvernement. Comme il envisage de briguer un nouveau mandat en 2023, il est alors de son intérêt de montrer qu’il ne capitule pas et que, il reste placé au-dessus des contingences politiques et pour cela notamment, il instrumentalise la notion de cohésion sociale tout en ne respectant pas la volonté qui s’est exprimée dans les urnes lors des dernières élections législatives ».

De l’avis de ce juriste averti, « Cette instrumentalisation de la notion de l’Union Sacrée de la Nation se traduit de façon concrète lorsqu’il menace dans son adresse qu’il dispose également de la faculté d’user du veto présidentiel. C’est en ces termes qu’il affirme, je cite :“… Ainsi pour rendre effectives et concrétiser les réformes envisagées, la majorité parlementaire actuelle s’étant effritée, une nouvelle majorité est nécessaire. En conséquence, j’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution. Il sera chargé d’identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée nationale…” 

Que dire de tout ça, quand ledit veto présidentiel semble planer sur des arguments non-constitutionnels, car la dissolution de l’Assemblée est faite – sous conditions en cas de crise persistante entre le Gouvernement et le Parlement et non entre le Gouvernement et le Président encore moins entre le Président et le Parlement », a relevé ce scientifique. 

« Bien plus, une majorité peut-elle s’effriter en plein mandat sans qu’il y aient des élections ? Par quels mécanismes loyal et légal exceptés le débauchage ou le racolage et autres pratiques malsaines – du reste décriées par le Garant – à l’instar de la corruption et autres pratiques du genre, un Informateur légal ou de fait peut-il manœuvrer ? Ce dernier peut-il être nommé en plein mandat pendant qu’un Premier ministre issu de la majorité, chef du Gouvernement est encore en fonction ? Ce dernier, peut-il être nommé en plein mandat pendant qu’un Premier ministre issu de la majorité, chef du Gouvernement est encore en fonction ? 

« Au vu d’une telle attitude, ajoute le Professeur KATSHUNG, le président de la République n’enfreint pas précisément le rôle de garant des institutions qu’il prétend vouloir assumer, car le simple fait de chercher à se fabriquer une ‘nouvelle’ majorité, le Chef de l’État qui ne l’a pas présentement, devient paradoxalement, comme nous l’avons dit, facteur de division des institutions ». 

« Au-delà, en formulant des appréciations critiques, parfois cinglantes, au sujet des actions du Gouvernement et/ou du Parlement, le chef de l’État devient – comme aime à le dire DAVID FRANCK – au surplus un élément perturbateur de l’exécutif, un « cheval de Troie » logé dans le fort de la République. 

Ce Professeur invite le Président de la République à ne rien entreprendre qui puisse nuire à son attribut de garant qui caractérise sa fonction. 

« Il n’empêche que le Chef de l’État doit veiller, dans l’exercice de son rôle de garant, à respecter les autres institutions nationales, Gouvernement et Parlement en premier, lesquels ont également un rôle à jouer en matière de maintien et de promotion de la cohésion nationale. Car il est sans conteste que dit autrement, être garant  des institutions signifie pour le Chef de l’État de commencer par veiller à la cohérence de son propre rôle au sein des institutions nationales. En est-il le cas aujourd’hui ? Wait and See ! », conclu-t-il dans son analyse.

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